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La thérapie par le sport, le sport adapté à tous

Mis à jour : 2 nov. 2020


Introduisons le sujet en évoquant un versant du sport tout à fait formidable et tellement vrai.


Le sport a cette vertu de déclencher une hormone, l’endorphine, aux bienfaits immédiats. Ces sensations de bien-être, de légèreté, d’euphorie permettent au cerveau d’enregistrer et de catégoriser les entraînements sportifs dans la case des ‘bonnes expériences’. A chaque expérience agréable, la mémoire conserve une trace de ces sensations de plaisir associées à l’apprentissage sportif. Le souvenir se construit et chaque entraînement est accueilli avec un enthousiasme évident voire même une excitation d’où naît un sentiment de toute-puissance qui pousse à braver de nouveaux défis.


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Mais parlons maintenant de ces personnes privées de ces expériences et de ces sensations.

Je voudrais parler de ces gens qui généralement sont des procrastinateurs, ceux qui repoussent à demain l’idée de faire du sport, de ceux qui évitent soigneusement les salles de sport, de ceux qui pratiquent les mauvaises activités pour les mauvaises raisons, ces mêmes personnes dont les attitudes interloquent parfois.

En entretien thérapeutique, ces personnes me disaient qu’elles n’aimaient pas le sport, qu’elles étaient nulles et ne savaient pas faire, qu’elles ne méritaient pas de s’inscrire dans un club ne correspondant pas selon elles aux standards du fitness. Et lorsqu’elles osaient, elles se sentaient pétrifiées et engluées dans leurs pensées toxiques. Et plus la machine à penser s’accélérait, plus leur détresse grandissait et plus leurs comportements pouvaient devenir déconcertants.


Ce sont aussi ces personnes souffrant de stress au travail, un mal typique de notre siècle, qui touche 24% de la population active. Le sport est utilisé comme agent de guérison, toutefois les personnes que j’avais rencontrées dans le cadre de mon travail n’avaient jamais fait de sport ou ne savaient pas comment le pratiquer.

Ce sont aussi ces acharnés, ces férus de sport dont l’hyperactivité est criante… mais eux ne le voient pas. Faire prendre conscience à un.e pratiquant.e du caractère excessif de son activité n’est pas une mince affaire. Chez lui.elle, le contrôle du corps s’exprime par un cortège de comportements obsessionnels et inadaptés tels que des séances de sport trop intensives et la restriction du bol alimentaire.


Un paradoxe ahurissant repose sur l’une des tendances actuelles qui consiste à valoriser les corps hyper musclés et secs, à afficher des repas hautement healthy, à se présenter comme un canon de la perfection et de la discipline. Certains détournent le "wellbeing" pour se conforter dans un fonctionnement ultra rigide qui frise avec le pathologique et l’affichent ouvertement non sans une certaine jouissance. Le paradoxe est de mettre en avant des comportements extrêmes et de les porter en exemple. Ces modes de vie sont tellement mis en valeur avec fierté qu’ils déclenchent la culpabilité de celui.celle qui fait un malheureux écart et qui lutte avec cette fâcheuse tendance.

Dans quelle mesure un mode de vie poussé à l’extrême toujours largement médiatisé finit-il par détourner le sport de sa finalité positive.


Comment le sport peut-il s’inscrire de façon raisonnable et pertinente dans un mode de vie ?

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Voici le cas d’une femme souffrant d’anxiété sociale. L’anxiété sociale se définit par la peur phobique du regard des autres sur soi, associée à une appréhension non-fondée d’un jugement inévitablement négatif conduisant à l’humiliation sociale. Un sentiment de peur, de honte terrorise l’individu qui finit par développer des comportements d’évitement visant à l’éloigner de toutes les situations sociales susceptibles de le confronter aux regards et aux jugements des autres. Prenons l’exemple de l’expression de l’anxiété de cette femme lorsqu’elle se rend à la salle de sport. Dès qu’elle participe à un cours collectif, elle est persuadée d’être le point de convergence de tous les regards. Elle met en place des comportements d’hypervigilance, guettant le moindre coup d’œil que quelqu’un pourrait lui porter avec la ferme conviction qu’elle est jugée et critiquée.

Et ses pensées qui l’assaillent : « Et si je me trompe, je vais avoir l’air tellement nulle », « Et si je bouge comme elle, j’aurai l’air tellement bête que je mourrai de ridicule », « Et si je deviens rouge écarlate, les gens vont penser que je ne suis pas une sportive et que je n’ai rien à faire ici », « Et si les gens voient mes bourrelets, ils vont se dire que je mange trop ».

Alors, elle se met à tout contrôler :

- ses gestes au point de devenir complètement raide et totalement décoordonnée.

- sa transpiration qu’elle essuie dès les premières manifestations de perles de sueur sur le front.

- Ses vêtements qu’elle passe son temps à ajuster : son débardeur qu’elle tire et son legging qu’elle remonte cherchant à cacher la moindre imperfection que les gens pourraient pointer du doigt.

- les regards autour d’elle au point qu’elle n’écoute pas les consignes et finit par se perdre dans l’exécution des mouvements…

Et bien sûr la catastrophe finit par arriver. L’erreur est impardonnable. La honte s’installe. Elle s’est trompée, c’est le ridicule assuré. Sa tête tire de grandes conclusions et lui martèle « je te l’avais dit, tu es trop nulle, tout le monde voit bien que tu n’es pas une sportive, tu ressembles à rien, et avec tes bourrelets, tu n’es pas digne de porter ce genre de tenue de sport, cache-toi et rentre chez toi, c’est le seul endroit où tu es tranquille. ».

Retenons ici deux points :

D’une part, sa phobie sociale l’empêche de vivre le moment présent. Elle est emprisonnée dans ses pensées. Toute son attention est focalisée sur ses préoccupations anxieuses, ce qui ne lui permet pas de se consacrer pleinement à sa séance de sport.

D’autre part, le sport devient un supplice émotionnel qu’elle s’inflige, luttant entre des objectifs physiques et des contraintes psychologiques.

Dans ce cas, ce qui déterminera une amélioration de son état réside dans sa capacité à accepter son anxiété sociale, à reconnaître que son anxiété déclenche des comportements de vérification et la souffrance qui résultent d’un manque de consonance entre

- ce qu’elle désire au plus profond d’elle-même : prendre des cours de danse ? bouger en se laissant porter par les sons et la chorégraphie ? s’habiller comme elle veut, que ça plaise ou non ? lâcher prise, crier, chanter ?

- et ce qu’elle croit désirer pour répondre à sa peur des autres : contrôler son corps, ses gestes, son apparence, choisir des cours qui ne la sortent pas trop de sa zone de confort.


La souffrance naît de la dissonance entre ce qu’une personne désire ardemment au plus profond d’elle-même et la vie qu’elle s’impose en réponse à une lutte intérieure.

Le cheminement dans ces étapes contribuera progressivement à modifier ses attitudes pour retrouver la voie que son cœur lui indique de prendre.

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A présent, prenons l’exemple d’un homme souffrant d’obésité sévère. Loin de lui l’idée de pousser les portes d’une salle de sport où le culte du corps règne en maître… (ou pas). L’idée que cette personne peut se faire d’une salle s’amplifie avec ses comportements d’évitement. Alors, cet homme cherche d’autres moyens d’améliorer sa condition physique. Il tente le footing mais se rend vite compte que son corps n’est pas à l’aise avec cette pratique (trop de contraintes sur les articulations, fréquence cardiaque rapidement élevée, sensations physiques désagréables de lourdeur et d’impotence). Puis, il se met à suivre des cours en ligne mais s’aperçoit rapidement que son ventre le gêne dans la plupart des exercices. Et de surcroît, il doit rapidement alterner des exercices debout et des exercices au sol, mais une fois au sol ce n’est pas sans peine qu’il parvient à se relever pour immédiatement devoir retourner au sol avec toutes les contraintes physiques que cela lui impose…

Et au final, il se sent plus accablé par l’accomplissement physique du mouvement que libéré par l’idée qu’il s’en faisait. Et quand bien même parvient-il enfin à surmonter la difficulté d’un tel exercice, cette petite victoire est vite balayée par ses comportements alimentaires inadaptés qu’il n’a pas encore appris à dominer avec en corollaire, la question de savoir comment se gère la sensation de faim après une séance de sport.

La déception de faire du surplace l’envahit un peu plus chaque jour… Le découragement, la dévalorisation, la culpabilité dansent dans sa tête, une ritournelle lui chante « A quoi bon ? ».


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En conclusion de ces deux exemples éloquents, je suis convaincue qu’au lieu de ressentir le sport comme une souffrance, chacun mérite de s’épanouir en pratiquant une activité physique et sportive à la condition qu’elle soit adaptée à ses besoins et aptitudes spécifiques.


Forte de cette certitude, j’ai développé une méthode de thérapie croisée entre le sport et la psychologie visant :

- d’une part pour ceux qui éprouvent des problèmes psychologiques, à les aider à les résoudre à travers une pratique physique et sportive salvatrice adaptée,
- d’autre part, pour les sportifs qui rencontrent des blocages dans l’accomplissement de leur exercice, à leur apporter les outils nécessaires à la sublimation de leurs problèmes.

Pour illustrer le propos, dans la première partie, on retrouvera par exemple : le stress au travail, les troubles anxieux, les troubles cognitifs, de l’attention, les handicaps mentaux.

Dans la seconde, on retrouvera l’anxiété de performance, les troubles du comportement alimentaire (orthoréxie, anorexie), l’obésité, les personnes qui ont subi des traumatismes et des accidents de la vie courante (fracture, AVC).


Attention, les listes ne sont pas exhaustives et se croisent, à savoir qu’un trouble peut se retrouver dans l’une ou l’autre des catégories. Il s’agit là d’une méthode croisée tenant compte de la transversalité des problématiques.

J’ai donc conçu My Fitness Therapy® ou comment l’envie de permettre aux personnes en souffrance de pouvoir pratiquer une activité physique et sportive de la bonne manière, pour déclencher le plaisir, le sentiment de bien-être, la valorisation et l’amélioration de l’estime de soi mais aussi développer la condition physique et améliorer les performances.

Inscrire dans la mémoire une empreinte positive où le sport devient une formidable aventure.

Illustration Cidji Darini

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